Benjamin Sanson, de « Fischman » à « Frenchman »

Parmi les meilleurs nageurs au monde dans ses jeunes années, triathlète de haut niveau pendant près de deux décennies où il gagnera son surnom de « Fishman » en sortant de l’eau toujours en tête, comme à Hawaii en 2008, et aujourd’hui à la tête du Frenchman qu’il a créé, Benjamin Sanson est un personnage hors norme. Derrière le costume de Super héros et de joyeux fêtard qu’il aime endosser, se cache un long chemin tracé sur des routes parfois tortueuses.  

C’est l’histoire d’un gamin né le 30 mars 1971 à Cenon, en banlieue de Bordeaux. Pour l’occuper, son père l’envoie avec son frère Jérôme, à la piscine de Latresne. Le petit Benjamin est doué. Très doué. Il peut voir plus grand. Direction le club des Girondins de Bordeaux. Il n’a que 8 ans mais s’entraîne déjà trois fois par semaine à la piscine du Grand-Parc. Certaines rencontres marquent des destins. Celle de Benjamin avec l’entraîneur du club est une de celles-là. Au bord du bassin, Jean Boiteux donne les instructions. Jean Boiteux, une légende du sport français, premier Français champion olympique de natation, en 1952, à Helsinki, sur 400 m (il faudra attendre Laure Manaudou, en 2004 à Athènes pour décrocher un nouveau titre olympique pour la France). « Quand tu as un champion olympique comme premier entraîneur, tu rêves vite de l’être un jour à ton tour. » Benjamin est un prodige et accumule les titres de champion de France et les records. Numéro 1 mondial juniors à 16 ans, double champion d’Europe juniors en 1987 sur 200m 4 nages et 400m 4 nages et 6 médailles au total lors de ces championnats (200m 4 nages, 400m 4 nages, 200m NL, 400m NL et les deux relais) et côté chronos, 3’47’’ sur 400 m, 7’51 sur 800 m, 15’ tout pile sur 1500. « J’adorais ça, je vivais un truc de fou. » Son truc, c’est le 4 nages. Alors, en 1988, pour se donner toutes les chances de devenir champion olympique, il part en Hongrie, le pays du 4 nages. Et surtout le pays de Tamas Szechy, l’entraîneur roi de cette discipline. Un entraîneur aux méthodes très dures. Un gourou osent certains.

Le mur n’est pas encore tombé. Il faudra attendre novembre 89 pour voir s’effondrer le « rideau de fer ». Partir à l’est, de l’autre côté, est une aventure. « J’ai 16 ans ! Je décide d’arrêter l’école et de partir. C’est un pari complètement dingue. » Le Français nage aux côtés des stars de l’époque, Tamas Darnyi, quadruple champion olympique (200m 4 nages et 400 m 4 nages à Barcelone en 1992 et Séoul, 1988) ou encore Jozsef Szabo (champion olympique du 200 m brasse à Séoul). Les parents de Benjamin ont tout lâché pour l’accompagner dans sa quête. Le projet est familial. Mais surtout très coûteux. « Le gourou de Hongrie nous demande beaucoup d’argent pour faire de moi un champion olympique. Nous devons le payer 4000 dollars par mois ! Imaginez ce que ça représentait à l’époque. Papa et maman tiennent 18 mois. Mais on ne pouvait plus suivre. Je commençais à m’adapter. J’encaissais les volumes, je parlais le hongrois. Il aurait fallu me laisser un peu de temps mais à ce prix, ce n’était plus possible. Il a fallu rabattre la voilure. » Retour en France et à son système d’entraînement. La rupture est terrible. « Pendant 18 mois, j’avais travaillé avec le plus grand ! Va dire à Léon Marchand qu’il doit quitter les États-Unis et Bob Bowman. Pour moi, c’était terminé. » Malgré tout, les résultats sont encore là pendant quelques années. Benjamin se repose sur ses acquis. Suffisant pour rester le meilleur en France. « Je suis champion de France de ci, recordman de ça, mais je n’y suis plus. Le 4 nages, c’est très difficile et très spécial. Quand je rentre, je fais un peu de tout et puis je me lasse très vite. Je fais encore ça pour m’éclater mais je ne fais plus ça pour être champion olympique. C’est fini, je n’y crois plus. Pendant ces deux ou trois ans, je végète. Je découvre aussi la vie, ses plaisirs. »

Motivé par son frère Jérôme, Benjamin essaie le triathlon en 1992. Les résultats sont vite au rendez-vous. Au bout de six mois, il décroche sa première sélection sur une Coupe d’Europe. « Je pose le vélo devant Rob Barel et Miles Stewart (champion du monde 1991). Ce sont les années 90, sans drafting. Mon potentiel nageur, rouleur peut s’exprimer. » Le voilà bien installé en équipe de France. Il y restera huit ans s’offrant régulièrement des top 5 ou top 10 en Coupe du monde. Quelques coups d’éclat aussi comme en 1996 à San Diego où il s’impose dans la Super League devant toutes les stars du moment, Spencer Smith, Simon Lessing, Hamish Carter etc. Pourtant, le Bordelais peine à s’investir pleinement. « Je n’arrive à me focaliser pleinement. J’avais tiré beaucoup de cartouches jeune en natation. » Autodidacte en triathlon, ses résultats attirent l’attention. « Le grand Brett Sutton me fait de l’œil avec mon frère. Il me dit venez, je vais faire de vous les meilleurs de France et parmi les meilleurs du monde. En 1997, il m’attend en Australie en 97. Je lui dis ok, j’arrive. Mais je n’y vais pas. Je n’ai jamais eu les couilles d’aller chez Brett Sutton comme j’avais pu les avoir de partir en Hongrie. » Sa carrière se poursuit en solo. « Je suis seul sur le circuit et j’aime la vie. Je me trimballe en Australie, en Asie, aux Etats-Unis, je vis à fond la vie. Je fais du fun mais pas ce qu’on doit faire quand on est dans un camp d’entraînement et qu’on doit s’entraîner dur. Je reste sur le carreau pour les Jeux olympiques de Sydney. Logique. Je suis capable du meilleur comme du pire et je comprends que Bernard Pagès (DTN de l’époque) ne me prenne pas et préfère des athlètes plus réguliers. Tu ne prends pas un athlète comme moi pour les Jeux. » Alors quoi faire ? « L’Australien Chris McCormack est lui aussi resté sur le carreau pour les Jeux. Il me dit, ‘’l’ITU c’est fini, il faut aller sur Ironman’’. Mais en 2000, l’Ironman, c’était la voie de garage. Quand tu partais sur cette distance, ça voulait dire que tu n’allais pas assez vite. »

Mais après tout, pourquoi pas ? Sanson prend un avion, direction le Canada pour y disputer son premier Ironman, à Penticton. Sa neuvième place lui offre une qualification pour Hawaii. Sa performance n’est pas passée inaperçue. « Je pose le vélo juste derrière Peter Reid. Les mecs me regardent bizarre. ‘’ouah ! le mec il a un Colnago de route et il pose juste derrière Reid qui est le meilleur cycliste.’’ Les Américains viennent me voir et me disent : ‘’Benjamin, viens on te confectionne un vélo chrono pour Hawaii.’’. On se retrouve dans un bike shop, ils prennent toutes les mesures. Je rentre. Mais j’en pouvais plus. J’avais fait la saison de court, l’Ironman, j’étais sec. Rideau ! Je les appelle et leur annonce que je n’irai pas. »

Parce qu’il n’est pas du genre à faire les choses à moitié, Benjamin ne se contente pas de faire une pause. Il arrête le triathlon. Radical. Toujours dans la démesure. L’arrêt va durer deux ans. Jusqu’à un coup de téléphone. Au bout du fil, Jérôme Bauchet, entraîneur du club de Montluçon : « Arrête tes conneries Benjamin, viens nous rejoindre ». Sanson n’est pas très enthousiaste. Depuis plusieurs mois, il organise à Bordeaux des soirées autour du vin. Le sport n’est plus qu’un souvenir. Bauchet insiste… et le convainc. C’est reparti. « Sur la première course, alors que je n’avais pas fait de triathlon depuis deux ans, je pose le vélo avec les échappées, toute l’équipe de Beauvais, les Poulat, Jeanselme etc. J’ai compris que j’aimais ça, que le sport était ma passion. J’ai arrêté mes soirées et je me suis remis au sport. »

Toujours en autodidacte, Sanson retrouve sa place parmi les meilleurs Français. « En 2006, je ne sais pas quelle mouche me pique. J’ai 35 ans, et j’appelle Brett Sutton. ‘’ça sent la fin et je n’aimerais pas finir sans être passé sous tes ordres.’’ » Sutton hésite. Pourquoi maintenant ? Pourtant, il accepte. Sanson va désormais s’entraîner avec la bande à Sutton, Chrissie Wellington, Tim Don etc. « Et là, c’est le rêve. Le mec me fait nager vite, rouler vite, courir vite. Il me remet dans le bain de façon incroyable. » L’arrivée d’un manager et la création du Team TBB vient casser la belle dynamique. « On perd l’âme du groupe. Je n’avais pas demandé à être dans un team. Je ne m’y sens pas bien. Je voulais être avec Brett et point final. Un jour, sur le bord du bassin, Brett me dit : ‘You’re in, or you’re out’’. Je l’ai regardé, et j’ai dit ‘’I’m out’’. »

Sanson quitte le groupe. À 37 ans, il a balayé toutes les distances. Sauf une… l’Ironman. En 2008, à nouveau seul, il part au Brésil, s’isole plusieurs semaines et se prépare avec tout ce qu’il a appris chez Sutton. A Florianópolis, il sort de l’eau devant. Comme toujours. 180 km de vélo plus tard, son avance est montée à 9 minutes. Une hypo sur le marathon le fait reculer au troisième rang, à treize minutes de l’Argentin Eduardo Sturla. Suffisant pour prendre son slot pour Hawaii. Rendez-vous en octobre, à Kona.

Look, son partenaire, lui présente son nouveau modèle : le 596. Seuls deux vélos de ce modèle seront produits cette année-là. Un pour Sanson, l’autre pour Laurent Jalabert. Un atout de plus ? Pas sûr… Le vélo ne lui parvient qu’en septembre. Avec sa géométrie très originale, son cadre en losange, les repères sont durs à trouver. « Ils étaient partis dans un délire. Je n’arrivais pas à me positionner dessus. J’ai mal au dos, je ne suis pas bien, je galère. C’était une corvée de rouler avec ce vélo. C’est comme si je posais mes coudes sur la roue avant. Aujourd’hui, on exploserait de rire en voyant ça. Évidemment tu te casses le dos, la nuque et tu ne peux pas respirer. Plus tard, j’ai pris des mesures que je n’avais pas osé prendre avant : les appuis coudes qui devaient être à 56 cm, étais à 43 cm. » Hélas, le temps presse. Le Français part terminer sa préparation en Californie. Seul. Une fois encore. Trois jours avant la course, il part rouler avec François Chabaud. « Il me regarde et me dit, mais tu vas faire l’IM comme ça ? ‘’. Je ne peux plus reculer. » Le monde du triathlon est très excité par le duel en natation entre Benjamin « Fishman » Sanson et Andy Potts, habituellement le meilleur nageur du circuit. Les paris sont pris sur le premier à sortir de l’eau. « Je me fais prendre dans ce cirque. Au lieu de prendre des relais, on se la mesure et on nage côte à côte pendant 3800m. C’est du grand n’importe quoi. Je le fume à la sortie de l’eau. Il fait une meilleure transition, je le repasse, j’envoie sur la plaque. Mais au bout de 30 bornes, je me rends compte de la supercherie. Je commence à avoir mal partout. La tête de course me reprend. J’essaye de me planquer dans les roues. Évidemment, l’arbitre me met une pénalité. Je prends 4 minutes. Je repars. Je respecte cette épreuve alors je finis tant bien que mal, je mets mes baskets. Je marche (4h46 sur le marathon), je termine en plus de 11 heures (11h15’22’’). Mais je suis un finisher d’Hawaii. »

Point final de la carrière de triathlète après 16 ans sur le circuit. Une page se tourne. Reste à écrire la suite. « Tu as tout balayé à l’exception des Jeux, tu as gagné des courses, tu as kiffé. Tu fais quoi maintenant mon grand ? »

Pendant ses deux années de break avec le sport, Benjamin s’était investi dans l’organisation de soirées. Il aime ça. Le Marathon du Médoc lui donne des idées. Il aime le vin, adore l’océan où il passait ses vacances. Il a une idée. « Je me trouve une petite commune à Naujac-sur-Mer et je lance le triathlon du Médoc en 2009. J’ai fait 16 ans de terrain, je sais tout ce que je veux. J’appelle Stéphane Poulat et Sylvain Sudrie mes deux potes pour avoir des stars. J’ai 15 inscrits… Mais j’ai des sponsors et j’apprends à aller voir une mairie, à déposer un dossier en préfecture, à placer des signaleurs sur la route, à demander gentiment à des bénévoles de m’aider. J’apprends aussi à prendre une agence de communication. Je me tisse ma première équipe. Les erreurs que j’ai faites en sport, je ne veux pas les refaire dans l’organisation. Entoure-toi ! Crée une équipe ! » Sa réputation de joyeux drille et de fêtard n’est pas un handicap. « J’avais toujours les réflexes de l’athlète de haut niveau. Quand il faut serrer je serre, quand il faut tenir ses engagements, se faire mal, se dépasser, je rentre alors dans ma zone. »

Pendant quatre ans, le néo organisateur fait ses armes sur un triathlon M. Sa course affiche 350 participants. Encourageant mais insuffisant pour en vivre. Une rencontre va changer le cours de sa vie. Le directeur du Leclerc local le contacte et lui propose de créer une nouvelle épreuve. Benjamin réfléchit, travaille sur un projet, propose un budget. Accepté. Ce sera un… Ironman. « Tout le monde me prend pour un fou. En 2013, en France, il y avait Embrun et Nice, point barre. Mais je veux essayer. » L’IronMedoc nait à Hourtin. Soixante inscrits la première année, 180 la deuxième, 320 la troisième, l’épreuve commence à faire parler d’elle. En bien. En très bien même. « J’avais tout pompé sur Ironman. J’avais même fait un logo IM avec IronMédoc. Évidemment Ironman me contacte. Benjamin faut arrêter, c’est de la contrefaçon. J’étais flatté que ça se voit. »

Alerte générale, pas question de continuer sur cette voie sous peine d’avoir des soucis avec le géant. Les athlètes sont déjà inscrits à la prochaine édition, il y a urgence. Brainstorming. « On a sorti les meilleurs crus de la cave et on s’est assis. Après 10 000 noms, 10 000 concepts, on est à pas d’heure et on ne sait pas pourquoi, mon pote me dit « FrenchMan » ? Oh nom de dieu, on l’avait. Je voulais déposer tout de suite Frenchman à l’INPI. Mon pote me dit, attends, il est 2h du mat là ! On a défini le concept, le franchouillard avec sa moustache et on a fini par créer ce super héros. »

Le succès est foudroyant ! « On est à 650 sur le XXL et nous sommes dans le game. On est devenu une référence car on est l’Ironman le plus rapide de France. Chez nous, tu viens, tu fais un chrono. » En 2019, Alex de Boer conseille à Benjamin d’ajouter un half. « J’ai déjà un M, et un XXL. Je réfléchis sur le planning de l’organisation. Je tiens à séparer les jours des courses. A chacun son jour, à chacun sa gloire. Je demande à un pote si le jeudi de l’Ascension est toujours un jeudi pour l’éternité ou si ça change d’une année à l’autre. Il se fout de moi et me confirme que c’est bien toujours un jeudi ! Eh bien voilà, je mets le M le jeudi, le L le vendredi, le XXL le samedi et les gens s’en vont le dimanche. »

La réussite est immédiate. Le Frenchman s’installe parmi les plus gros triathlons de France. Benjamin a des ambitions de développement. Et pourquoi pas franchiser le Frenchman ? Le Maroc l’a contacté pour créer une épreuve. Libourne veut aussi son Frenchman, Casteljaloux (Lot-et-Garonne) également. « J’y vais parce que j’y crois, j’ai envie de me développer. Mais je n’ai pas de recul, pas d’expérience de la franchise. » En 2020, le rendez-vous se décline à Hourtin, Libourne, Castlejaloux et au Maroc. « Ces épreuves satellites sont des événements à perte. Frenchman a un standing et je ne veux pas livrer des prestations médiocres. Je veux mes belles arrivées, mes bons animateurs, mes dj. Mais avec 150 ou 200 athlètes, ça ne le fait pas. Sur une organisation à 100 000 euros, quand tu ne fais que 60 000 de recettes, il faut boucher les trous et tu commences à bouffer ta trésorerie. » Le COVID va également changer la donne.

La croissance du Frenchman pose aussi d’autres problèmes. Hourtin ne se sent plus capable d’accueillir autant de participants et aimerait rester à une jauge de 2000 triathlètes. Trop peu pour assurer la rentabilité de l’événement. Pour atteindre l’équilibre, au moins 3500 coureurs sont nécessaires. Benjamin cherche un nouveau lieu d’accueil. Il le trouve en 2022 de l’autre côté du lac, à Maubuisson, ravissante station balnéaire. Le terrain de jeu reste le même et 3400 athlètes découvrent ce petit village entièrement dédié au Frenchman le temps de l’épreuve. « Ça sent le triathlon, un peu comme à Kona la semaine de l’Ironman », se réjouit Sanson.

Cette année, ils étaient 7000 triathlètes au départ des différentes courses, sans relais et sans entreprises. Une fierté pour son organisateur bien installé dans un univers du triathlon en pleine évolution. Avec ses bons côtés mais aussi ses mauvais. « La course des deux franchisés, Challenge et Ironman, devient un peu du n’importe quoi. D’un côté, il y a des prix exorbitants et de l’autre des courses qui ont le label mais des prestations bidon. Créons des belles épreuves à l’image des Deauville, des La Baule. Garder cette magie ! Osons, on peut y aller nous aussi. Je le prouve. Il y a de la place pour tout le monde. »

Sa success story, Benjamin insiste pour en attribuer une grande partie à son épouse Stéphanie, rencontrée en 2006. Le tournant de sa vie. « Je n’ai pas été n°1 mondial ou champion olympique parce que je n’avais pas de femme à mes côtés. Si je deviens un jour le numéro 1 des organisateurs, c’est qu’il y a une femme et des enfants à mes côtés (Roméo et Noé, 4 et 9 ans). Je vais au lit le soir, je me couche. Si tu veux, tous les soirs tu as un copain qui t’appelle pour aller boire un verre. À 18-20-21 ans, j’étais un athlète seul. Les autres, ils rentraient, mettaient les jambes en l’air après l’entraînement, ne buvaient pas, se douchaient et allaient se coucher avec leur chérie. Moi, je sortais parce que j’avais envie de courir les filles. Une femme, c’est l’équilibre de l’homme pour réussir. Quand Stéphanie est arrivée dans ma vie et m’a dit ‘Ben, je suis avec toi dans ton aventure’’, j’avais ma complémentarité. Je n’avais plus envie d’errer avec mon vélo. Elle a aussi dû vivre mon après carrière. L’athlète de haut niveau qui arrête, deux ou trois ans après il y a les récidives, les envies de come-back. Elle a absorbé. Aujourd’hui, je suis ancré, bien dans ma peau, dans ma tête et je m’éclate dans ce que je fais. À 55 balais, j’incarne même encore un super héros ! »

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