Quadruple dose de bonheur au Frenchman

Le Super Challenge du Frenchman, à Carcans-Maubuisson (Gironde), sur le beau territoire de Médoc Atlantique, constituait ma principale « bêtise » de l’année avec l’enchainement de quatre triathlons en 3 jours dont un distance Ironman et un distance half-Ironman. Mission accomplie.

Quel week-end ! Venu l’an dernier couvrir l’événement en tant que journaliste, j’avais titré mon article « Rêve party sur le Frenchman ». Même si j’avais déjà couru le Frenchman (distance Ironman) en 2018 (alors à Hourtin), j’étais reparti de Carcans-Maubuisson avec une idée derrière la tête. Ce rêve, j’ai voulu le toucher de plus près, le vivre « en vrai », avec un dossard cette fois. Ou plutôt quatre dossards avec le Super Challenge et son menu orgiaque : Nissan Edenauto XS (400 m de natation, 10 km de vélo, 2,5 km de course à pied) (premier XS de ma vie), M (1500 m, 40 km, 10 km), Sichel Sport L (1900 m, 90 km, 21 km) et Médoc Atlantique Frenchman XXL soit la distance Ironman (3800 m, 180 km, 42,2 km) (mon 9e). Une « bêtise » de plus. Juste pour voir.
(je vous ai listé mes autres bêtises depuis près de 30 ans sur un article de mon site… ICI).

Évidemment, comme depuis de nombreuses années maintenant, aucun objectif chronométrique. Juste la volonté de vivre une expérience forte, de me gaver de nouvelles sensations, de nouvelles vibrations et de repartir de Gironde avec plein de jolies images en tête. Et des images fortes, je n’en ai pas manqué. Petit inventaire.

Que de belles images !

. Le bonheur de ma chérie Florence au terme de son premier XXL. Cette distance Ironman, elle en rêvait. Elle l’a fait. Bonheur de l’avoir un peu guidée au départ de la natation pour la rassurer le temps de poser sa nage, bonheur de la voir me rattraper avant la fin du vélo, bonheur de la croiser pendant la course à pied avec à chaque fois le bisou magique pour nous rebooster, bonheur de savoir qu’elle a vécu cette journée de la bonne façon, avec essentiellement du plaisir. Fier et heureux pour elle !

. Tous ces bénévoles. 950 sur le week-end. Infini respect. Sur la boucle de vélo, ces petites mamies, ces petits vieux, ces petits jeunes, postés des heures et des heures à des intersections pour veiller à notre sécurité. Sur le parcours à pied, tous ces gens aux ravitos dégueulant d’enthousiasme pour nous encourager, avec toujours le mot qui va bien et qui donne même parfois l’impression d’être fort (j’ai bien dit « l’impression »).

. Tout le bonheur des participants venus relever leur défi personnel. Et on s’en fout des distances ! J’ai infiniment de respect et de joie pour celles et ceux qui ont terminé leur premier XS (coucou Elodie et merci à ton clan pour la belle énergie lors de mon passage devant chez toi), leur premier M etc. Ceux qui en ont rêvé, qui se sont entraînés pour aller chercher cette médaille. Ceux qui n’en ont pas dormi les jours d’avant, ceux qui se sont posés sur un petit nuage dès la ligne franchie, légitimement fiers d’eux.  

. Tous ces spectateurs et leur folie contagieuse. C’est fou, mais on se sent aimés par des gens qu’on ne connait pourtant pas mais qui le temps d’une course t’offrent une énergie de dingue.

. Le joli lever de soleil le jour du L au départ du plouf. L’arc-en-ciel entre deux giboulées sur le M. Mais aussi le gros grain pendant la natation du XXL qui nous empêchait même de voir les bouées… Avec en bonus des bonnes vaguelettes. Perso, ça m’amuse. J’adore quand ça remue !

. Toutes les lignes droites de la boucle vélo. Néanmoins, si quelqu’un pouvait suggérer au Département de la Gironde de mettre quelques virages sur ses routes. Parce que sincèrement, c’est un peu longuet par moment. OK, ça va vite (enfin pour ceux qui le souhaitent), mais c’est long. Surtout les 25 derniers kilomètres après le ravito, et cet interminable tronçon… vent dans la poire.

. Tous ces checks avec les coureurs dans le dernier tour du XXL. Parce que dans un dernier tour, tous les coureurs que tu croises sont tes amis. Tous partagent la même aventure que toi. Tous ont vu le soleil se lever puis la journée s’étirer jusqu’à la nuit. Tous savent que dans quelques minutes, la foule les attend. Quelques minutes de silence encore le long de la plage avant l’avalanche de décibels, de ferveur, de passion. Là-bas, au bout de cette dernière ligne droite, au bout de ce tapis rouge, Stéphane Garcia et Ludo Collet, les deux speakers dynamiteurs d’ambiance pour t’annoncer, et sous l’arche, Super Frenchman pour te remettre la médaille autour du cou et te serrer dans ses bras. Le câlin de la délivrance, le câlin du bonheur. Pendant près de huit heures, Benji a accueilli tous les finishers, avec la même bienveillance. Sacrée performance également.

L’an dernier Benjamin Sanson m’avait confié : « Tu fais un Ironman pour la marque, tu fais Roth pour son ambiance, tu fais le Frenchman… pour le Frenchman. » Parce que oui, le Frenchman est unique. Il rassemble tout ce que l’on attend d’un tel événement : l’organisation irréprochable, l’ambiance. Alors merci pour tout ça. Merci de continuer à nous faire rêver. Merci Benjamin Sanson, merci à toute son équipe, merci à Stéphane et Ludo au micro, merci aux bénévoles, merci aux arbitres, merci aux partenaires, merci aux prestataires et merci à vous pour vos gentils messages et vos encouragements.

Je le répète après chaque course un peu « engagée », ne vous mettez pas de limites. Comme nous le disons dans notre conférence « MOVE » avec Vanessa Labayle-Couhat, vous êtes capable de bien plus que vous ne l’imaginez !

Vous êtes tenté, alors cliquez ! Et entraînez-vous quand même un peu…  

……….

D’un point de vue plus « terre à terre »

Ma préparation

Comme (presque) toujours avec moi, compliqué de parler de préparation. Je suis plutôt dans le registre du bricolage. Quand je vais aux entraînements, c’est plus pour voir les copains et les copines du Tri Team Saint-Germain-en-Laye que pour vraiment faire la séance. J’en fais donc juste assez pour finir les courses. Absolument aucun programme, je cours quand j’ai envie de courir, je roule quand j’ai envie de rouler (c’est-à-dire quand il fait beau et qu’il n’y a pas de vent). En revanche, j’adore nager. Même si je donne l’impression de faire n’importe quoi, je sais quand même où je vais… ça s’appelle l’expérience…
Depuis le début de l’année, jamais plus de 450 km par mois de vélo (une seule sortie de 135 km), un seul mois à 100 km de course à pied (mais le marathon de Paris en sortie longue et pas mal de marche) et pour la natation, j’ai la chance de plutôt bien m’en sortir sans vraiment nager… (oui je sais ça énerve). Je ne cours pratiquement plus (ou en tout cas pas sérieusement) depuis deux ans après un ischio pour qui la méthode « ça passera tout seul » n’a pas franchement été efficace (sans parler des mollets récalcitrants… c’est pas beau de vieillir). Je peux néanmoins trottiner depuis quelques mois et pour ce genre de trucs, ça suffit largement.

L’enchainement des quatre courses

Un seul mot à retenir : GESTION. Du premier plouf jeudi matin sur le M au dernier tour à pied, samedi sur le XXL. Jamais je ne me suis mis dans le dur. Sur le vélo, dès que je sentais que je forçais un peu, j’enlevais une dent… et même deux si nécessaire. Je savais que je n’aurai aucun mal à aller chercher les trois premières médailles. Pour la quatrième, même si la barrière horaire était très large, il y avait un léger doute. Je devais vraiment en garder un peu (beaucoup) et me préparer à l’idée de refaire les deux boucles interminables de vélo. L’objectif était de me laisser 7 heures pour le marathon soit 6 km/h soit 10 minutes au kil, c’est-à-dire « marcher vite ».
J’aurais dû avoir un peu de marge, mais je n’avais pas prévu, la cascade de début de course (le prochain coup, je regarderai la route et pas ma roue, ça m’évitera de me manger le trottoir et de finir la tête dans le bas-côté et un genou bien amoché), et la crevaison au 150e avec le mode boulet activé (oublié de prendre la clé pour retirer la roue… d’ailleurs si le triathlète qui m’a filé la sienne passe par-là, qu’il me contacte pour que je lui renvoie).
Je suis donc parti courir à 17 heures. Pile-poil les sept heures nécessaires pour assurer. Trottiner un peu dans les deux premiers tours pour pouvoir finir pépère les deux derniers. Plan respecté parfaitement. Ça sert l’expérience et la connaissance de ses capacités. Et surtout, ça aide de se moquer complètement du chrono.

Alimentation avant et pendant

Là encore, je suis à « contre-courant » et je peux très bien passer au McDo la veille d’un Ironman (il n’y en a pas à Carcans sinon…). J’espérais perdre quelques kilos avant la course, j’ai au mieux perdu quelques grammes. Passer devant une boulangerie sans y entrer, relève pour moi de l’exploit ! Et quand j’y parviens, eh bien je rentre dans la suivante pour fêter ça ! Résultat, autour des 93 kg pour 1,75m… et croyez-moi, ce n’est pas que du muscle… Il y a quelques années, je réussissais à perdre assez facilement. Mais à désormais 57 ans, c’est dur. Comme je sais que je finis un Ironman sans problème même en surpoids, j’ai du mal à me motiver… Mais j’ai bien conscience, que ça a des limites. Si je veux refaire l’EmbrunMan en 2029 (10 ans après mon premier), il faudra bien redescendre autour des 82. Idem si l’an prochain je veux aller faire un tour du côté de Colmar pour le Bretzel (triple ou quintuple ? à voir…).
Pendant le week-end, un peu de pâtes bien sûr le soir, un petit déjeuner un peu consistant avec un peu de protéines mais sans produit ou poudre de perlimpinpin. Pendant la course, je n’ai que de l’eau dans mes gourdes. J’ai néanmoins apprécié les électrolytes proposés aux ravitaillements. Quelques gels et barres Ta, mais en quantité ultra limitée et de façon très improvisée. En revanche, c’est no limit sur les bananes !

Le matos

Une combinaison ORCA, pas très épaisse mais très souple et surtout facile à retirer. Un vélo BMC Roadmachine chouchouté par Bouticycles Chambourcy, sans prolongateur parce que de toute façon, je suis une quiche à vélo et que ça ne changerait rien. Des runnings HOKA Bondi 9.

Les résultats

27h45 au total (16h36 sur le XXL, 6h56 sur le L, 3h20 sur le M, 52’ sur le S). Pour les classements (nous sommes 15 finishers de ce Super Challenge), il suffit d’aller sur le site du chronométreur et de descendre tout en bas. Je serai dans le coin !

3 thoughts on “Quadruple dose de bonheur au Frenchman

  1. Bravo!
    Super inspiration pour la suite de ma « carrière » de triathlète. Je ne pensais pas que 15 barjos seraient prêt à faire ce challenge.

  2. Moi je suis fan.. tu es dingue… Ne change pas … Car moi ça me fait rêver… Et ça me motive!
    Bravo bravo!

  3. Bravo Pascal! Je suis toujours sidéré par ton mental et cette approche «on s’en fout du chrono! »! En attendant, on sera là avec le TTSG pour t’aider à préparer le fameux bretzel ainsi que l’Embrunman! Rdv pour la PPG tous les lundis ! 😄

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *